• Stephaline71

Interview de Rudi Dolezal - Partie 2

Mis à jour : août 7

"Si Freddie Mercury n'était pas devenu une rock star, il aurait pu devenir un réalisateur de films"


Rudi Dolezal a démarré sa carrière avec audace dès le milieu des années 70, alors que le vidéo-clip faisait ses premiers pas. Il y a ensuite joué un rôle décisif et a fondé avec Hannes Rossacher sa propre société de production, DoRo, afin de concevoir des vidéos pour des artistes germanophones et internationaux majeurs.

Pourquoi les filmait-il ? En quoi sa collaboration avec Queen et plus particulièrement Freddie Mercury était-elle singulière ? Que représente-t-elle dans sa filmographie ?


Copyright © archive prods LLC

Vous avez couvert beaucoup d’artistes: de Tom Waits à David Bowie, les Rolling Stones, Bruce Springsteen etc. Mais vous avez été particulièrement proche de Freddie Mercury, Whitney Houston et Frank Zappa. Avaient-ils des points communs? Qu’est-ce qui faisait la singularité de Freddie Mercury?


Rudi Dolezal : Eh bien, j'ai été proche de pas mal de gens. Je dirais cela, et cela inclut aussi Keith Richards et Mick Jagger des Rolling Stones (mais surtout Keith Richards), cela inclut aussi David Bowie. David Bowie est en fait - malheureusement il est au paradis* [*David Bowie est mort en 2016] - mais il est juste après Freddie la personne avec laquelle j'ai le plus tourné. Frank Zappa a été mon premier mentor, pour ainsi dire, il a commencé avec moi ce que j'appellerais la réalisation de films rock'n'roll dans l'esprit de DoRo. Et puis Freddie Mercury a été définitivement mon meilleur ami. Et je fais très attention au mot "ami". Si je dis "mon ami Freddie", et que j'appelle un livre ainsi, c'est parce qu'il me l'a dit très souvent, et qu’il y a des gens encore vivants aujourd'hui dans un cercle incluant Peter Freestone** par exemple [**Ancien assistant personnel de Freddie Mercury], qui disent en toute indépendance que c'était une amitié - et bien sûr c’était principalement une amitié créative mais aussi une amitié personnelle.

Donc si je parlais d’ami, j’aurais peut-être aussi David Bowie en ami, Keith Richards en ami, Whitney Houston en amie, oui c'est vrai. Et Frank Zappa était un ami parce que c'était le premier avec lequel nous avons eu beaucoup de contacts et je suis venu, puis j'ai pris l'avion pour Los Angeles et nous nous sommes rencontrés, et aussi le dernier enregistrement qu'il a fait, il m'a appelé pour filmer ça.

C'est ce qui est génial dans mon travail: je ne travaillais pas seulement avec un artiste mais avec plusieurs. Pendant un certain temps, j'ai aussi été très proche de Sting, je veux dire que je filmais Sting au stade Maracanã de Rio de Janeiro et nous avons passé une nuit en prison ensemble. Nous n’avions rien fait de mal, mais c'était quand même une aventure de passer une nuit, oh...c'était 6 heures ou quelque chose comme ça! J'ai donc eu des aventures avec des gens, intensives, mais aussi avec des Allemands comme Peter Maffay dont je suis un très bon ami. Falco était un bon ami. Mais je suis devenu très prudent avec le mot.

Frank Zappa était à part, personne n'était comme Frank Zappa parce qu'il était intelligent, cynique, très fort avec les mots pour son temps, et c'était un monstre d’intelligence.

Freddie Mercury et Whitney Houston étaient très similaires. D'ailleurs, ils aimaient beaucoup la voix de l’autre aussi. Je veux dire que Freddie est plus ou moins responsable du fait que Whitney veuille un de mes films, je le dis dans mon programme, mais c'est vrai. Elle a vu le "Freddie Untold Story", qui n'était pas encore sorti à l'époque, en 1999, et elle a vu les Rolling Stones en Argentine ["Freddie Mercury - The untold story" et "Argentina '98", documentaires réalisés par Rudi], puis elle s'est arrêtée et a dit: "Je veux que vous fassiez un film comme celui-ci sur moi". C'est ainsi que Whitney a été fascinée et que je suis devenu si proche d'elle.


Whitney Houston & Rudi Dolezal - Copyright © archive prods LLC

Ensuite, certaines choses sont nées de mon amitié avec Freddie Mercury. Par exemple, David Bowie et Freddie n'étaient pas de grands amis, mais ils se connaissaient et se respectaient. Ils ont chanté ensemble une chanson, Under Pressure. J'ai fait une vidéo pour David parce qu'il connaissait mon travail pour Queen, ou George Michael est venu me voir parce que nous nous sommes rencontrés au concert en hommage à Freddie Mercury que j'ai coréalisé et coproduit, et qu’il a aimé mon travail avec Queen.

Donc, autant que pour Queen, Rock Me Amadeus était peut-être une carte d'entrée ou une carte de visite pour dire "OK, ce type de Rock Me Amadeus sait vraiment comment faire une vidéo" pour se rapprocher même de la possibilité de réaliser une vidéo pour Queen. Plus je faisais de vidéos de Queen à Londres et en Amérique, plus les gens disaient : “Oh, c'est le gars qui travaille avec... Oh, il a aussi travaillé avec les Rolling Stones et il a fait Rock Me Amadeus, wouah!” Peu importe que je vienne d'Autriche, ce qui à l'époque était encore un problème. La plupart des gens en Amérique pensaient "C'est l'Autriche ? Vous êtes communiste ?" Parce qu'ils pensaient à l'Autriche, à la Hongrie et tout ça...

Donc Whitney et Freddie ont quelque chose en commun. Frank Zappa était le cynique... Frank Zappa a été candidat à la présidence, c'était vraiment drôle, Zappa pour président et c'était comme Ronald Reagan. Nous pensions que Ronald Reagan était un mauvais président pour les États-Unis, nous n'avions aucune idée de ce qui allait venir! Il était donc différent. Ils le sont tous un petit peu. D’ailleurs, c'est une question intéressante qui ne m'avait jamais été posée auparavant!

Le fait est que j'ai toujours été intéressé par des personnes exceptionnelles qui faisaient quelque chose de spécial, qui exerçaient une certaine fascination et l'élément de fascination pouvait être très différent. Je veux dire que j'étais aussi fasciné par Miles Davis. Parce que ce que peu de gens savent, c'est qu'avant de faire les Rolling Stones, mes toutes premières choses en musique ou en musique ancienne concernaient des musiciens de jazz. Pourquoi ? Parce que quand j'ai commencé dans mon programme à 17-18-19 ans à présenter des films de musique de 15-20 minutes (c'était un programme d'une heure), il y avait beaucoup de festivals de jazz à Vienne, et Vienne est une très bonne ville de jazz et ils étaient plus faciles à approcher que les rock stars parce que nous n'avions pas MTV à cette époque, il n'y avait pas de maisons de disques qui organisaient une interview. J'étais à l'aéroport quand Frank Zappa est arrivé et je disais: "Salut ! Je m'appelle Rudi Dolezal. Puis-je faire une interview cet après-midi ?". C'est ainsi que je faisais de la télévision à l'époque. Il n'y avait personne qui appelait. J'étais un pionnier. Et beaucoup d'entre eux étaient des artistes de jazz, et donc aussi ils étaient géniaux - parce que j'étais un musicien, je pouvais distinguer les bons musiciens des mauvais musiciens.

Alors ce qui est en commun, c'est qu'ils sont fascinants d'une certaine manière. Keith Richards est la personne qui, dans une interview avec moi, a dit un jour : "Le sexe, la drogue et le rock'n'roll, les Rolling Stones les ont tous les trois inventés". Il pense que les Rolling Stones ont inventé le sexe, ce qui est bien sûr une blague. Mais il a une attitude qui m’a fasciné. Et c'était un gars cool d'une manière qui était, jusqu'à ces jours-ci, exceptionnelle.


Il doit toujours y avoir quelque chose de fascinant pour moi ou quelque chose de très stimulant. Par exemple, quand quelqu'un a dit la même chose pour Miles Davis [Rudi a filmé la dernière apparition de Miles Davis au Festival de Montreux en juillet 1991, quelques mois seulement avant sa disparition]! Ils ont dit : "il déteste les cameramen", et bien c'était le type que je voulais filmer! [rires] Oui messieurs, voyons si je peux faire mieux et j'ai fait un film qui a gagné un Grammy ["Miles Davis & Quincy Jones: Live at Montreux"]! L'autre Grammy que j'ai gagné, je l'ai gagné pour Freddie Mercury. Donc, ce que je veux dire, c'est que la fascination doit être là.

Mais d'un autre côté, c'était toujours le travail le plus facile, de travailler avec les grandes stars. Parce que les grandes, très grandes stars, c'était facile de travailler avec elles. Ce qui est difficile, ce sont les gens qui pensent être des stars et qui se font passer pour des divas et qui se comportent comme des connards. Ce sont des personnes que j'essaie, à long terme, d'identifier et avec lesquels j'essaie de ne plus travailler.

Quand j'ai dit à Freddie Mercury : "Tu veux avoir ça, je veux avoir cette sensation de la lumière du soleil à venir, tu dois être à 5 heures du matin au maquillage parce que tu dois être prêt à 6 heures". Il était à 5 heures au maquillage. Et il n'a pas dit… parce qu'il savait exactement pourquoi je disais cela! Et la même chose avec David Bowie, et la même chose avec Whitney Houston.

Donc ce qui les rapproche: à part les voix de Freddie et de Whitney parce qu'ils ont tous les deux des voix avec une gamme de tons extrêmement large. Whitney dans ses bons moments ainsi que Freddie qui était remarquable. A part ces deux-là, je dirais que tout le monde était différent.


Freddie Mercury a étudié le graphisme et le design. On sait qu’il a créé le logo de son groupe, qu’il portait une attention particulière à ses tenues de scène et qu’il était amateur de peinture. En quoi avait-il un rapport particulier à son image et d’une manière générale à ce qui était visuel?


Rudi Dolezal : Eh bien, je dis toujours que Freddie Mercury était un artiste complet. Freddie Mercury n'était pas seulement l'un des plus grands chanteurs du monde, il n’était pas seulement le premier artiste de scène qui a conquis les stades - bien avant les Rolling Stones, qui le font parfaitement aujourd’hui. Mais Queen a commencé en Amérique du Sud bien avant tout le monde.

Il n'était pas seulement un grand musicien (pianiste, compositeur) mais il était aussi un artiste dans son ensemble : il s'intéressait à l'art, il voulait vivre comme un artiste, un peu de manière bohème (comme dans la tradition française en fait). C'est pourquoi je ne vois jamais Freddie uniquement comme un musicien, il avait bon goût pour les vêtements, mais aussi pour les meubles, mais aussi pour choisir la bonne maison ou choisir un tableau, ou des poèmes, ou du théâtre, ou de l'opéra... Il était juste très intéressé par l'art, et intelligent, une personne qui apprend étonnamment vite. Alors... point final !

En disant cela, il était aussi... s'il n’était pas devenu une rock star, il aurait pu devenir un réalisateur de films. Parce qu'il a été le premier musicien/chanteur/frontman que j'ai rencontré - et à l'époque je travaillais déjà avec les Stones, Tina Turner, Falco bien sûr... - il a été le premier à avoir vraiment une pensée visuelle. C'est ce que je décris dans mon livre dans le chapitre intitulé "Ping pong". C'est le ping-pong entre ses idées et les miennes, parce qu'il pouvait regarder à travers la caméra et discuter avec moi du cadrage, là où beaucoup de musiciens ne faisaient que penser : "Ok Rudi, que veux-tu que je fasse ?" et ils ne s'en souciaient même pas ; d'abord ils me faisaient confiance, mais aussi ils ne comprenaient pas ! Comme les différences entre un gros plan comme ceci et un gros plan comme cela. Mais Freddie Mercury savait exactement ce qu'il voulait et ce qui était génial et la raison pour laquelle il me choisissait toujours en fin de compte comme réalisateur, c'est que nous avions alors une compréhension mutuelle où il n'avait pas à dire des choses. Il me regardait juste et je savais ce qu'il voulait dire. Et ça... ça me manque vraiment parce que ça, je ne l'ai plus jamais eu avec un autre artiste. Et si je dis cela, c'est que je suis triste et que j'ai presque les larmes aux yeux. Parce que c'était une sorte de compréhension et une sorte - vous savez - d'aide à l'autre pour avoir une nouvelle idée et la qualité que...


Rudi Dolezal & Freddie Mercury sur le tournage de "Scandal" en septembre 1989 - Copyright © archive prods LLC

Avec Frank Zappa c'était différent, j'étais un enfant avec Frank Zappa. Avec Freddie, j'étais déjà un réalisateur. Avec Frank, j'étais le jeune garçon qui apprenait et il était un grand maître. J'avais de bonnes idées et tout, et j'ouvrais mes oreilles, mes yeux et mon cœur, et je comprenais ce qu'il était. Mais avec Freddie, j'avais déjà fait des choses intéressantes, même si j'étais toujours humble. Les gens disent, surtout dans Queen, et ils publient des photos et ils écrivent ensuite "Rudi Dolezal, la légende», je fais généralement un commentaire et je dis bien "Freddie Mercury est une légende, je ne suis que le cinéaste". Parce que je ne suis pas une légende, vous savez...oui j'essaie de faire de bons films, de bonnes vidéos, c'est vrai, la qualité est ma marque de fabrique, mais je ne suis pas une légende. Je ne veux pas être appelé une légende parce que Mick Jagger m'a dit une fois quelque chose dont je me souviens : "Rudi, si tu commences à croire à ton propre communiqué de presse, tu es sur la pente descendante".

Je lis la presse chaque semaine maintenant, il y a sur Arte vendredi prochain un de mes films [Whitney – Can I be me?], oui bien sûr ils disent le fameux blablabla, oui OK super, sympa...ma mère était toujours très heureuse de lire ça, et assez étonnamment, mes fils, ce que je ne pensais pas, sont un peu fiers de leur père parce que quand ils avaient 12-13 ans, je n'étais pas du tout cool.

"Papa, peux-tu ne pas venir ? Tu es si ringard avec mes amis". Mais maintenant...surtout - Benny qui est en train de devenir un jeune homme très rapidement (il a maintenant presque 14 ans) - ils se rendent compte. "Hé, je veux dire - tout d'abord, ce n'était pas facile ce que papa faisait avec nous, de nous faire traverser les années les plus difficiles - et je veux dire qu'il fait des trucs assez cool. Parce qu'ils commencent à aimer les musiciens avec lesquels j’ai travaillé. C'était tellement drôle un jour quand un de mes garçons, je crois que c'était Ruby... a découvert que j'avais une très grande collection de CD dont je ne savais pas quoi faire, que je ne voulais pas vendre et que je ne voulais pas jeter - j'ai quelque chose comme 15 000 CD, 30 000 albums vinyles longue durée, et je les garde juste. Je ne les joue plus car généralement la plupart des contenus que vous avez sont téléchargés mais quand même … lorsqu'ils étaient en train de regarder, et qu'ils ont finalement vu des choses comme Dr Dre et vous savez les rappeurs cool, et le hip hop...

"Quoi ? Tu as ces CD ?"

"Non seulement j'ai le CD, mais j'ai travaillé avec lui !"

"Quoi ???"

"Oui !!" [rires]

Comme s'ils devaient atteindre 14/15 ans pour s'en rendre compte! Comme un jour, mon petit est rentré à la maison, je me souviens, il était à l'école primaire, et il a dit: "Papa, c’est vrai que tu as travaillé avec Michael Jackson?" J'ai dit oui".

"Ils ont dit à l'école: "ton papa a travaillé avec Michael Jackson", et l'autre a dit : "Non, nous ne le croyons pas, peux-tu le prouver ?" et quand vous allez sur Internet et que vous vérifiez, vous verrez que c'est Rudi Dolezal qui a réalisé ce film, c'est votre papa”.

Et je ne leur imposais pas, je les laissais venir. Parce que je ne disais pas : "Oh, je suis si bon et ceci, et cela".

Quand maintenant mon aîné m’a envoyé un WhatsApp en premier à Vienne, quand il était sans m’en parler, dans les manifs des "Vendredis pour l'avenir"*, j’ai dit: "j'ai dû faire quelque chose de bien parce que je pense que c'est très cool" Et donc... je ne sais pas quelle était la question, mais c'est ma réponse !


* Allusion aux manifestations des vendredis pour le climat initiées par Greta Thunberg


Vous avez tourné 32 vidéos avec les membres de Queen. Que vous a appris votre travail avec eux? Que représente cette collaboration dans votre filmographie?


Rudi Dolezal : Je pense que c'est Falco [artiste germanophone], pour qui j'ai réalisé toutes les vidéos – de nombreuses vidéos de Falco sont coréalisées par Rossacher mais pas toutes- pour qui le visuel était le plus parfait dans l'ensemble, l'ensemble du travail en termes de vidéoclips. Les idées qui ont été faites en commençant par Rock me Amadeus et en passant par Out of the dark, le dernier.

Mais avec Queen, ce fut la période d'apprentissage la plus intensive, car c'était un groupe international dès le départ. Falco était mon meilleur ami et je l'ai connu quand j'avais 17 ans et lui 18 - avant qu'il ne soit Falco [son vrai nom était Johann Hölzel], quand il jouait dans un petit groupe. Mais Queen était déjà des superstars quand ils m'ont demandé de réaliser une vidéo. C'était donc un honneur, un défi, c'était comme - je veux dire que j'aime les vidéos de Falco et j'aime Falco, mais c'était comme si vous jouiez en ligue 1 de foot autrichienne ou allemande ou que vous jouiez dans la ligue des champions et que vous remportiez la ligue des champions, c'est la différence !

J'ai donc beaucoup appris de Queen, je suis toujours ami avec Brian et Roger jusqu'à ce jour - je communiquais avec Brian la semaine dernière, et surtout après sa crise cardiaque, nous étions en contact étroit. Mais bien sûr Freddie a eu la plus grande influence. Freddie était l'un de mes trois mentors, si je puis dire... Mon premier mentor a été Frank Zappa, puis M. Keith Richards a apporté une contribution des Rolling Stones, et enfin Freddie Mercury a été mon dernier mentor, une personne qui m'a beaucoup appris.

Mais j'ai aussi beaucoup appris de Brian May et de Roger Taylor - ne vous méprenez pas ! Mais Freddie, dont la compréhension visuelle est presque celle d'un cinéaste lui-même, était très stimulant, très rapide et très exigeant. Brian est un type très sympa, vous savez, il avait aussi de grandes idées et nous avons fait de superbes vidéos ensemble - Anita Dobson* je me souviens - et je l'ai suivi dans une tournée en solo en Amérique du Sud. Avec Roger, nous avons fait de superbes vidéos - Happiness par exemple. À cette époque, nous étions déjà de bons amis... mais Freddie était en quelque sorte si exigeant, et donc ta ta ta ta ta... ! Il fallait être toujours sur le qui-vive et puis j'écris à ce sujet dans le livre My friend Freddie mais aussi dans les moments de calme, il m'a donné quelques règles, des choses qui sont importantes dans la vie d'un artiste (pas la vie en général mais la vie d'un artiste). Que je suis encore aujourd'hui. L'une d'entre elles était de "ne jamais essayer d'être le second. Et de toujours viser l'impossible".


*Anita Dobson est une actrice britannique, connue notamment pour son rôle dans les années 80 dans le feuilleton de la BBC EastEnders. En 1986, le guitariste Brian May (avec qui elle s'est mariée par la suite) a travaillé avec elle sur son premier album, surtout connu pour la chanson Anyone Can Fall in Love qui a atteint la quatrième place des charts britanniques.


En tant que réalisateur, quel regard portez-vous sur le travail du chorégraphe français Maurice Béjart sur la musique de Queen? Étiez-vous surpris par le résultat?

[ Maurice Béjart est un danseur et chorégraphe français, mort en 2007. Il a créé en décembre 1996 un ballet sur la musique de Queen en hommage à la jeunesse, à la vie et aux victimes du Sida -en particulier son danseur fétiche Jorge Donn et Freddie Mercury, décédés au même âge et de la même maladie. La première parisienne de ce ballet a eu lieu au Théâtre de Chaillot le 17 janvier 1997. Lors de ce spectacle, Brian May, Roger Taylor John Deacon jouèrent en live «The show must go on» avec Elton John au chant. Ce sera d’ailleurs malheureusement la dernière apparition de John Deacon avec le groupe.]


Rudi Dolezal : Je pense que son travail était "extraordinaire, très très très bon" (sic) et je pense que c'était du grand art, et je l'ai aimé et je l'aime encore aujourd'hui. Je n'ai pas été surpris parce que c'est un excellent artiste lui-même. Comme beaucoup de choses avec Queen, et Queen avec Freddie Mercury et Brian May et Roger Taylor, ils cherchent toujours à travailler sur ledit projet avec les meilleurs des meilleurs dans le domaine. Si je me souviens bien, j'ai aussi utilisé ces images dans une de mes vidéos. Je pense que c'était celle où Elton John chantait la chanson... c'était un truc sur le sida à Paris avec le Béjart Ballet et c'était pour "Queen +". En fait, elle devait devenir "Greatest Flix III", mais elle n'est jamais sortie. Je pense qu’Elton John l'a interprétée.


Oui, The Show Must Go On en 1997


Rudi Dolezal : OK et ensuite Queen m'a demandé d'utiliser les images et d'en faire une vidéo avec d'autres images, et j'ai même eu le plaisir ou l'honneur d'utiliser certaines de ses images. Je ne l'ai jamais rencontré, je ne l'ai jamais rencontré personnellement. J'aurais aimé le rencontrer à l'époque.

Je pense que c'était formidable et cela montre aussi, si je peux me permettre de dire quelque chose que vous ne m'avez pas demandé, que j'ai aussi une assez longue histoire, que j'ai travaillé avec pas mal d'artistes français : Guesch Patti, Indochine, Vanessa Paradis. Plus tard, sur ma chaîne YouTube [la Rudi Dolezal’s DoRo TV], je diffuserai tout cela, mais je dois maintenant écrire le livre. Parce que n'oubliez pas, et vous pouvez le mentionner, j'ai les plus grandes archives d'Europe continentale de musique filmée. J'ai 40 000 heures de musique et au-delà. Je veux dire du matériel de film avec de la musique.

L'une des séries que j'ai réalisées, dans les années 90, je crois, était destinée à la télévision suisse allemande et autrichienne et s'appelait "Scene", comme la scène. "Scène Paris", "Scène Rio". Qu'est-ce que la scène musicale de Paris, qu'est-ce que la scène musicale de Rio, qu'est-ce que la scène musicale de Budapest, qu'est-ce que la scène musicale de n'importe quoi. Et j'ai fait une scène musicale d'une heure à Sydney, en Australie. Et je faisais une émission spéciale sur les artistes français à cette époque : Guesch Patti, Indochine et les deux autres, malheureusement il était héroïnomane... Comment ça s'appelait ?


Téléphone?


Rudi Dolezal : Non, c'était un gars plus grand et il y avait une femme, quelque chose avec M...


Les Rita Mitsouko?


Rudi Dolezal : Oui, c'est bien ça ! Rita Mitsouko. Des vidéos géniales, et aussi Guesch Patti, une vidéo phénoménale. J'ai interviewé Guesch Patti à Paris dans un café. Et j'ai interviewé Indochine et ainsi de suite. Malheureusement, mon français n'est pas très bon, bien que je prévoie de faire une lecture d'un ou deux chapitres de mon livre moi-même en français*. Parce que si je le répète, je peux en quelque sorte le lire assez bien. J'ai appris pendant des années à l'école et je me souviens quand je filmais des gens comme Alan Stivell par exemple, qui ne chantait qu'en français parce qu'il était d'origine celte. J'étais la seule personne qui parlait un peu français.

Mais de toute façon j'aime la langue française et je veux utiliser aussi cette tournée pour le livre -ou la première tournée aux fan clubs de Queen et ensuite la tournée du livre- pour réactiver certaines de mes connaissances en langues car je connais aussi un peu d'italien, et je connais aussi un peu d'espagnol. Parce que la communication est si importante.


*Rudi a pour projet de faire une lecture à Paris en 2021 pour présenter son livre aux fans francophones


Pour rappel:

  • Le livre de Rudi sortira en 11 langues (dont le français) et vous pouvez toujours précommander un exemplaire dédicacé sur ce site sécurisé : https://www.myfriendfreddie.com/

Il s’agit d’une idée originale de Rudi, comme il me l’a expliqué au cours de notre conversation: «C'est la première fois que j'entends dire que lorsque quelqu'un est encore en train d'écrire un livre, vous pouvez déjà en obtenir une copie - c'est quelque chose qui, je pense, n'a jamais été fait auparavant, surtout pour un exemplaire dédicacé».

  • Vous pouvez aussi retrouver Rudi sur les réseaux sociaux:

- sur sa page Instagram : @rudi_dolezal

- sur sa page officielle sur Facebook (Rudi Dolezal official) : https://www.facebook.com/Rudi-Dolezal-official-101706558272297

- sur son compte Twitter : @DolezalRudi

- sur sa chaîne YouTube (la Rudi Dolezal’s DoRo TV) : https://www.youtube.com/channel/UCsaZF4OKvhtGmOxPJUsKLMg/feed

Comme Rudi le mentionne dans cette interview, il réserve à ses 2 500 premiers abonnés un certificat signé et quelques avantages. Si vous ne vous êtes pas encore abonnés, n’hésitez pas à le faire, c’est gratuit!

  • Rudi anime également une émission live tous les dimanches à 20h, appelée «Rudi Backstage». C’est l’occasion de l’entendre raconter des anecdotes, répondre aux questions de ses followers, et de suivre son actualité, tout en échangeant avec des fans du monde entier!

Vous pouvez la voir en direct sur Instagram, Facebook (page officielle) et sa chaîne YouTube.


© Destination Queen - Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, en tout ou partie, sans l'autorisation de l'auteur.



620 vues12 commentaires

©2019 par Destination Queen. Créé avec Wix.com